Les enjeux de la m-SantéHeliceum_portrait_AlexisGodard

Les systèmes de santé européens sont aujourd’hui confrontés à de nombreux défis tels que le vieillissement de la population ou la diminution du personnel médical qui sont à l’origine de l’apparition de déserts médicaux, le tout couplé à des restrictions budgétaires.

Des études récentes réalisées par PwC, GSMA et l’OMC, montrent que la m-Santé joue un double rôle : le développement de l’accès aux soins primaires dans les pays en développement et la réduction des dépenses de santé dans les pays à revenus élevés, avec des économies possibles de 99 milliards d’euros sur les dépenses de santé dans l’UE en 2017.

Dans ce contexte, il est important de bien considérer le virage technologique que représente la santé mobile qui se pose comme étant une solution viable pour relever les nombreux défis du secteur.

La dématérialisation du suivi médical permettrait d’améliorer la qualité des soins

Un partage des informations entre les médecins facilité

La création d’une plateforme unique accessible aussi bien aux patients qu’aux médecins, en reliant les bases de données existantes, pourrait être la pierre angulaire du déploiement de la m-Santé.

Cela a notamment été le cas au Canada[1] avec le partage de l’information entre les professionnels de santé et les structures de soins. Le dossier médical électronique vise à rendre accessibles aux professionnels de santé, les antécédents médicaux d’une personne de façon sécurisée. Il contient de l’information provenant de différentes sources : établissements de santé, cabinets de médecins, pharmacies ou encore laboratoires. Le dossier de santé électronique participe ainsi à l’amélioration de la qualité des soins.

La mise en place d’une telle plateforme nécessite la création d’une législation claire, stricte et commune concernant la gestion des données. Par exemple par un système d’identification et de validation sur le modèle du partage des contenus achetés sur iTunes : le médecin pourrait ainsi accéder au dossier médical dématérialisé de son patient après que ce dernier ait validé le partage.

Développement des diagnostics précoces

Cette évolution, couplée à l’émergence des appareils connectés (bracelets, smartphones) et d’interfaces santé tout en un (Healthbook d’Apple, Health Kit de Google…) permettrait le développement des diagnostics précoces, de prévenir l’émergence de certaines maladies avec l’analyse des symptômes avant-coureurs, et d’offrir un meilleur suivi aux personnes atteintes de maladies chroniques (avec l’accélération du processus de diagnostic précoce de 815.000 patients atteints de maladies chroniques en 2017, pour une économie de 3,7 milliards d’euros)[2].

La possibilité d’offrir un traitement et un suivi personnalisé à distance permettrait d’améliorer le mode de vie de 141 millions de patients et de diminuer le nombre de journées d’hospitalisation[3].

La m-Santé pour remédier aux déserts médicaux

Afin de faire face à la pénurie de personnel médical[4] dans certaines zones, la m-Santé présente de nombreuses solutions :

  • Le suivi à distance des patients avec identification de paliers d’alertes.
  • La mise en place d’un système de SMS/Notification directement envoyés aux patients afin de leur rappeler de suivre leur traitement et lutter contre la non-observance des prescriptions.
  • Enfin la création d’une plateforme médicale offrant un panel de solution d’e-Santé : la consultation par e-mail avec ou non soumission du dossier médical, la consultation vidéo, la réalisation des tests sanguins avec collecte des échantillons à domicile. Ces méthodes ont notamment été adoptées en Inde avec la plateforme web MediAngels[5].

Ce n’est pas par hasard si les plus récents facteurs de progrès sanitaire dans l’Union Européenne prennent forme grâce à des systèmes permettant de dispenser des soins personnalisés à l’aide de dispositifs portables tout en conférant un rôle proactif au patient.

Comment aider le déploiement de la m-Santé

Une des problématiques principales rencontrées par les acteurs de la m-Santé aujourd’hui, est la multiplicité des législations et la diversité de leurs cibles (Santé, appareils électroniques, produits de consommation…). Ceci rend difficile la compréhension des étapes nécessaires à l’obtention d’une certification officielle (C.E) qui permettrait pourtant de valoriser les applications et les appareils répondant à des exigences strictes en matière de sécurité et de conformité aux règles de protection des données.

Dans un monde où la santé est connectée en temps réel, une des autres problématiques est le déploiement des infrastructures techniques, notamment dans la connectivité à Haut Débit  (réseaux 4G, 5G, fibre optique, technologie NFC) pour soutenir la démocratisation des solutions de santé numérique. Ces investissements doivent également s’accompagner de la mise en place de normes technologiques communes pour permettre à l’ensemble des produits et des systèmes existants ou futurs de fonctionner ensemble et ce sans restrictions.

Dans un précédent avis d’expert, Alexis Godard, COO d’Heliceum, revenait sur les questions de sécurité en matière de m-Santé (absence de réglementation et de normes technologiques, sécurité des données, incertitude sur les modèles économiques…) qui sont autant de freins au développement de ce secteur. Ses propositions concrètes et pistes de réflexions sont à retrouver ici.


[1] PWC, Paris-Ile de France Capitale Economique – L’e-santé : un facteur d’attractivité, un enjeu de société,  2013

[2] PWC – Socio-economic impact of mHealth : An assessment report for the European Union – 2013

[3] PWC – Socio-economic impact of mHealth : An assessment report for the European Union – 2013

[4] PWC – Socio-economic impact of mHealth : An assessment report for the European Union – 2013

[5] PWC, Paris-Ile de France Capitale Economique – L’e-santé : un facteur d’attractivité, un enjeu de société,  2013

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