nu3 : ces tendances qui dynamisent le secteur alimentaire, effet de mode ou nutrition de demain ?

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Par Pierre Baryla, Directeur France et Europe du Sud de nu3

Au fil des décennies, les habitudes alimentaires des Français ont changé. Si on consacre moins de temps à la préparation des repas en cuisine, une volonté s’affirme de vouloir manger mieux. Le consommateur souhaite maîtriser son alimentation, exige une transparence sur la provenance et la composition de chaque produit et refuse surtout de transiger sur la question du goût. Autant d’éléments qui ont été abordés lors de la 2e édition du Food Morning à Paris par un panel d’experts en nutrition et en alimentation.

Pour s’adapter à ces consommateurs exigeants, de nouvelles tendances émergent et dynamisent le secteur alimentaire. 

Trois tendances fortes en matière d’alimentation

L’alimentation peut être partagée aujourd’hui en deux catégories. La première consiste en un événement social : on cuisine pour partager un repas au cours d’un moment à plusieurs. L’alimentation peut également être considérée comme l’expression d’un style de vie utilisé pour atteindre un objectif : mincir, courir son premier marathon, prendre de la masse musculaire ou tout simplement manger plus sainement.

Par leurs spécificités, trois tendances alimentaires fortes se dégagent depuis quelques années, avec un niveau de pénétration différent pour chacune :

  • Les intolérances

La première grande tendance de consommation est liée aux intolérances, comme celle liée au lactose (Plus de 20% des Français seraient intolérants[1]) ou au gluten (près de 600 000 Français intolérants au gluten[2]).

Cette tendance s’est imposée puisqu’on peut désormais trouver des références de produits adaptés dans les magasins de grande distribution, et que les grandes marques ont également pris le pli de proposer des gammes sans gluten et sans lactose.

  • Les convictions

Au-delà des intolérances, les régimes alimentaires sont de plus en plus liés aux convictions : en témoignent les régimes végétariens et végétaliens (autrement appelé vegan et consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation).

Egalement très en vogue, le paléo est un régime considérant que l’alimentation idéale correspondrait à celle des hommes de l’âge de pierre et serait bien plus en accord avec le patrimoine génétique.

La tendance du vegan trouve ses marques à l’international, aux Etats-Unis (2,5% de la population suit désormais un régime vegan[3]) ou en Suède, où les cantines scolaires proposent des plats vegan). En France, près de 3% de la population est végétarienne[4] et le nombre croissants de restaurants vegan et d’influenceurs se dirigeant vers ce régime laisse penser que c’est une tendance qui va persister.

  • L’alimentation fonctionnelle et naturelle

Les recherches scientifiques dans le domaine des produits alimentaires ont permis d’identifier des composants permettant d’améliorer l’état physique et moral des consommateurs. C’est en s’appuyant sur ces recherches que l’alimentation fonctionnelle propose des produits contenant uniquement les substances nutritives nécessaires pour satisfaire les besoins nutritionnels du consommateur. On se souvient notamment des alicaliments qui ont émergé dans les années 2000.

L’émergence des superaliments constitue une évolution majeure puisque ces derniers ajoutent la notion indispensable de « naturel » à l’alimentation fonctionnelle et répondent ainsi à la volonté forte du consommateur de faire un retour au naturel.

C’est ainsi que sont proposés des aliments déjà riches en vitamines et minéraux (baies de goji ou d’aronia, poudre de maca ou de moringa, etc.) permettant d’améliorer naturellement l’alimentation du quotidien. Du fait de leur qualité nutritive, beaucoup de superaliments étaient déjà utilisés par les premières civilisations depuis des siècles : c’est le cas du Lucuma, appelé « Or des Incas » pendant longtemps.

Les pays occidentaux quant à eux découvrent les bienfaits 100% naturels de ces produits depuis peu.

Les spécificités du marché français

La culture culinaire et gastronomique de notre pays y rend le marché de l’alimentation spécifique puisque le consommateur est exigeant sur de nombreux critères, et en particulier sur le goût. L’exemple de l’aloe vera permet d’illustrer ce point : si son utilisation en cosmétique rencontre un large public en France (crèmes, gels douche), la consommation de son jus est plus problématique puisque le goût est très amer. Pourtant, le même produit rencontre un franc succès dans les pays asiatiques ou en Suède, du fait d’une culture différente. En France, le jus d’aloe vera doit être inclus dans une préparation qui cache son goût et permet alors de bénéficier de ses bienfaits.

Focus sur la nutrition intelligente

La nutrition intelligente fait partie de l’alimentation fonctionnelle naturelle et rejoint la nutrition utilisée comme expression d’un style de vie pour atteindre un objectif. La nutrition intelligente se base sur des produits sains et de qualité, mais elle se définit également par l’aspect « éduqué » dans le choix et l’utilisation des produits. En somme, le consommateur sait à quoi sert le produit et comment l’intégrer au mieux dans son alimentation. C’est notamment le cas du chia, déjà connu des premiers peuples d’Amérique du Sud pour sa qualité nutritive et la source d’énergie qu’il représente, qui commence tout juste à arriver en Occident.

[1] Swagerty DL Jr, Walling AD, Klein RM. Lactose intolerance. Am Fam Physician. 2002 May 1;65(9):1845-50. Review. Texte complet : www.aafp.org

[2] Association Française Des Intolérants Au Gluten

[3] Sondage Harris Interactive® pour The Vegetarian Resource Group

[4] Enquête Ifen-Insee

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